Pour que tu ne te perdes pas dans le quartier de Patrick Modiano #30

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Auteur très prolifique, Prix Nobel de Littérature en 2014, Patrick Modiano m’interpellait mais pour autant, je ne me décidais jamais à acheter ses livres.

Et puis, je suis tombé sur « Pour que tu ne te perdes pas dans le quartier » au prix de 3 euros, évidemment, c’était l’occasion rêvée d’enfin savoir ce que cet auteur pouvait me réserver.

Ce ne fut pas le coup de coeur littéraire auquel je m’attendais mais un bon moment de belles lettres dans une ambiance particulière qu’instaure Modiano.

L’écriture est très belle au demeurant, sous une apparente simplicité, avec cet air de « ne pas y toucher »,  ce sont en fait des phrases très bien pensées et parfaitement couchées sur papier.

Des phrases courtes, percutantes, sans chichi, sans envolée lyrique, beaucoup de faits et des sentiments  aussi. Pas de sentimentalisme mais de la dignité émouvante. Difficile à expliquer mais très beau à lire.

En ce qui concerne l’histoire, histoire d’oubli, de souvenirs, de mémoire et d’incohérence, je peux concevoir qu’elle ne plaise pas à tout le monde mais elle est très bien rythmée et je ne me suis à aucun moment ennuyé, je n’ai pas pu lire le livre d’une seule traite mais si j’avais eu la journée entière de libre, je l’aurais fait sans problème car il faut bien dire que cette recherche d’identité, cette introspection mêlée d’enquête est plutôt addictive.

Les chapitres sont relativement courts et plus les pages défilent, plus le passé et son lot d’interrogations se démêlent. On s’attache au personnage de Daragane qui, à la recherche de son passé, se perd dans les souvenirs de sa propre histoire.

Les thématiques sous jacentes de l’oubli, de la mémoire et des souvenirs sont très émouvantes sans jamais tomber dans le larmoyant. C’est un texte tout en pudeur et en simplicité, très réussi que nous propose Modiano même si personnellement, je suis restée un peu sur ma faim quand à la finalité et le message du récit.

Je pense qu’il faut lire Modiano si vous voulez passer un petit moment un peu hors du temps, dans une ambiance particulière avec de jolis mots, c’est un livre qui fait décompresser et qui étonnamment se lit vite et bien*.

Je me laisserai peut être tenter par un autre livre de l’auteur à l’occasion (peut être Dora Bruder ou Rue des boutiques obscures pour ceux qui connaissent).

* J’ai entendu beaucoup de critiques concernant la pluri temporalité du livre -qui se passe sur trois, voire quatre époques différentes, suivant l’âge du narrateur-.
Certes, il n’est jamais notifié de dates en début de chapitre et Modiano passe d’une époque à une autre sans que ce ne soit forcément strucuré, mais je trouve que d’une part, cela sert complètement le propos (une histoire qui suit les méandres des souvenirs d’un vieil homme,  donc structurée de façon « anarchique » <- Ho le bel oxymore), d’autre part, cela n’empêche en rien la lecture !
Anne
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Un commentaire

  1. Je n’ai jamais lu Modiano, et même si ton avis est positif, il ne me tente pas plus que ça. La thématique ne m’inspire pas pour le moment, mais je note dans un coin de ma tête. Peut-être croisera-t-il ma route au bon moment. ^^

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