Qu’attendent les singes de Yasmina Khadra #28

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Après ma découverte de l’auteur avec Ce que le jour doit à la nuit, superbe roman sur l’Algérie pendant la guerre d’indépendance, j’ai réitéré l’expérience Yasmina Khadra avec Qu’attendent les singes, un roman puissant et dramatique sur l’Algérie d’aujourd’hui.

Je suis toujours un peu fébrile lorsque je commence un livre de Khadra, son univers est sombre, teinté de drames, de vérités crues et de mélancolie latente et je ne suis jamais vraiment certaine d’être psychologiquement prête pour un tel voyage, mais très vite, ce sont ses mots qui m’emportent, les idées qu’il pose sur papier, l’émotion qui transparait et la justesse de son récit qui effacent toutes appréhensions et je ne peux que me laisser emporter par le courant jusqu’à la dernière page.

Dans Qu’attendent les singes, Yasmina Khadra dresse un portrait au vitriol de l’Algérie, entre corruption et faux semblants, manigances politiques et société à la dérive, il n’épargne personne et les grands de ce monde, les nababs, ceux qui détiennent le pouvoir en prennent pour leur grade.

Si l’intrigue principale, l’enquête après la découverte du corps d’une jeune femme mutilée, tient le lecteur en haleine grâce aux codes connues du policier ou du thriller, c’est surtout l’occasion pour Khadra de pousser plus loin la réflexion car bien que cette enquête soit le fil conducteur du roman, elle n’est peut être finalement qu’un prétexte narratif pour parler d’un sujet plus grand, plus important.

Car le livre est bien plus qu’un simple thriller, il est aussi et surtout la peinture d’un réalisme saisissant de l’Algérie du Printemps arabe et des ses dangereuses failles.

Il y a de la noirceur dans ce livre, de la dureté, dans les mots, dans les comportements et les actions, mais il y a aussi, de l’espoir et un amour sincère pour la terre d’Algérie. Si l’on ressent les atrocités, on ressent aussi le potentiel, on ressent aussi l’espoir, la faille de lumière qui perce une société obscurcie et corrompue et c’est cela qui rend ce livre beau et noble.

Yasmina Khadra est un auteur à découvrir et à suivre, il est le porte parole d’un peuple fier et courageux délaissé par ses institutions et il est arrivé par deux fois déjà, à me faire ressentir, à moi française qui n’est aucunes attaches, ni de père ni de mère avec l’Algérie, toute la complexité de ce pays.

Je vous laisse avec la première phrase du roman en espérant que ça vous donnera envie de le commencer 🙂

« C’est un matin splendide, qui n’existe que pour lui-même comme un rossignol qui chante dans un monde de sourds ; un matin algérien, avec son soleil de décembre éclatant et froid pareil à un joyau punaisé dans l’azur, hors de portée des rêves tordus, des prières biaisées et des Icare aux ailes rognées. »

Anne

 

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