Enfance de Léon Tolstoi (Lecture Commune)

Enfance Tolstoi.png

Ha Tolstoi.. Ha Tolstoi ! Cet homme est un génie ! 

Je crois n’être jamais tout à fait prête, lorsque j’ouvre un livre de cet auteur, au tsunami de perfection qui m’attend.

J’ai eu l’occasion de lire quelques autobiographies centrées sur l’enfance ou récits d’enfance comme Le journal d’Anne Frank, Les mots de JP Sartre, Enfance de N.Sarraute,  Métaphysique des tubes d’A. Nothomb, Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur d’H.Lee ou Vipère au poing d’H. Bazin, mais aucun n’est comparable à Enfance de Tolstoi.

Ce petit livre se démarque des autres et sort du lot.

Dans le cas d’Enfance, et même si ce livre est ancré dans son époque, on ne le retient pas, ou si peu, pour la peinture sociale mais bien pour les émotions, les sentiments, l’affect qu’il fait ressortir en nous.

Tolstoi, jeune adulte, revient sur ses souvenirs d’enfance et nous fait partager avec lui son quotidien de petit garçon de dix ans, les bonheurs se mêlent aux drames, la découverte du monde à l’innocence des jeux d’enfants. Une suite de situations qui toutes vont s’entremêler pour en retenir au final une impression si douce, si tendre et nostalgique de cette époque bénie.

Deux parties vont s’accoler, l’enfance bienheureuse dans la campagne russe  bientôt rattrapée par la fin de l’innocence et le début d’une vie, certes encore teinté d’enfance mais aux accents plus adultes avec ce drame qui se profile à l’horizon et l’entrée dans le monde avec ce départ pour Moscou.

Les adresses directes au lecteur dont Tolstoi émaille son texte lui donnent la profondeur et le recul nécessaire pour qu’il devienne, non plus simplement un récit d’enfant mais bien une ode universelle à l’enfance.

Ceci, au point, que tous autant que nous sommes, Homme d’aujourd’hui ou d’hier, riche ou pauvre, sommes susceptibles de nous retrouver dans le texte, non pas de s’identifier à Nikolegnka, mais de se replonger dans nos propres souvenirs par le biais de l’analyse si fine, subtile et sublime de l’auteur.

Extraits choisis :

« Tant de souvenirs du passé se dressent devant soi quand on essaie d’évoquer les traits d’un être chéri, qu’à travers ce souvenir on ne les aperçoit que confusément et comme à travers des larmes. Ce sont les larmes de l’imagination. »

« Reviendront-ils encore jamais, cette fraicheur, cette insouciance, ce désir d’amour et cette foi puissante qu’on a dans l’enfance ? Quel temps meilleur que celui ou les deux plus excellentes vertus, la gaieté naïve et la soif d’un amour infini sont les uniques raisons de vivre ? Ou sont ces prières ardents ? Ou est ce précieux don des larmes d’une émotion pure ? L’ange consolateur venait et les essuyait avec un sourire. Il soufflait de doux rêves à l’imaginaire de l’enfant immaculé. La vie a donc laissé des traces si pénibles dans mon coeur que ces larmes et ses émotions aient disparu à jamais ? Il ne m’est donc resté que des souvenirs ? … »

« Pour la première fois de ma vie, j’étais infidèle à l’amour, et, pour la première fois, j’éprouvais les douceurs de l’amour. Il m’était agréable de changer un sentiment usé contre un amour tout plein de mystère et d’innocence. Dans le même temps ou je cessai d’aimer, je recommençai à aimer, ce qui veut dire que j’aimais double, bien mieux qu’auparavant. »

Un livre nostalgique, mélancolique sans jamais tomber dans le larmoyant, un livre qui émeut, qui nous renvoie à notre propre histoire, à nos propres souvenirs, c’est la justesse des sentiments, un style inimitable, c’est du Tolstoi et c’est à découvrir, à lire et a partager sans modération !

Pour finir :

Sachez que cette lecture a été motivé et rendu possible par la blogueuse (nouvellement youtubeuse !) Law Moody !

Vous retrouverez ici son avis sur le livre :

Ainsi que son avis en vidéo !

La partie sur Enfance commence à 17:35 mais je vous encourage vivement à regarder toute la vidéo car il y a de supers livres au programme !

Petite adresse à Law Moody (et à vous aussi !) qui a trouvé la fin un peu abrupte et aurait voulu connaitre la suite : il faut savoir qu’Enfance fait partie d’un volet de trois récits autobiographiques – Enfance, Adolescence, Jeunesse – disponible aux éditions Folio notamment !

A la prochaine ! (et lisez Tolstoi ;))

Anne

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4 commentaires

  1. Ooooh mais merci pour cette info! A l’occasion je continuerai certainement alors! Et merci pour les liens :o!

    Ton dernier paragraphe est très bien dit, c’est vrai que ça peut empreindre n’importe qui de mélancolie et le replonger dans ses souvenirs d’enfance!

    Ta chronique est super, tu en parles bien mieux que moi!

    J’espère qu’on fera d’autres lectures communes!

    Bisous à bientôt 🙂

    Aimé par 1 personne

    • Ba de rien :p
      Merci ! La tienne est tout aussi bien ne t’en fais pas !
      J’ai eu du mal à l’écrire, j’ai toujours de la peine à écrire sur les livres que j’aime énormément, l’impression de ne pas être à la hauteur du livre 🙂
      Oui, avec plaisir 🙂
      Bisous !

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  2. […] Parcequ’on ne peut pas être déçu avec Tolstoi, parceque cette homme magistrale est un exemple à suivre, que ce soit littérairement ou humainement. C’est doux et fort à la fois, tendre et puissant, heureux et triste, un tout petit livre qui condense toutes les émotions que peut ressentir un enfant, c’est transposable à l’infini, on s’y retrouve, on se sent nostalgique et heureux en le finissant, c’est Tolstoi, c’est la perfection. Détails ici  […]

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