Vipère au poing d’Hervé Bazin #24

Vipère au poing.png

Quel superbe lecture que ce Vipère au poing d’Hervé Bazin ! Si jamais il vous arrive encore de douter que la langue française est la plus belle au monde, ouvrez-le et laissez vous transporter par le fil de ce récit aux mots savamment choisis. 

Premier livre d’une série de trois retraçant la vie de l’auteur, Vipère au poing est le récit de l’enfance difficile, compromise, mise à mal, souillée par l’arrivée à la Belle Angerie (domaine familiale de la famille Rezeau) de la maman tant attendue au début, si redoutée par la suite : Folcoche ( comprenez la contraction de Folle et Cochonne).

Le père, pas mauvais père dans l’idée, le devient par son manque d’autorité et de prise de décisions, laissant faire les choses à la bonne guise de son épouse, tout en sachant bien que rien n’est juste et bon. Démissionnaire, il devient inexistant.

Folcoche qui n’a de mère que le nom tant elle est cruelle, va mener la vie dure à ses trois enfants. Entre brimades, sévices, dureté et injustice, les enfants mais particulièrement Jean, dit Brasse Bouillon, vont subir l’autorité de leur mère, leur quotidien transformé, leur enfance volée.

C’est le récit de la haine, l’histoire d’un enfant qui grandira, non dans l’amour, la protection et l’honnêteté mais dans l’hostilité, la malveillance, la dissimulation.

Cette mère qui transforme tout et tout le monde, qui forge ou plutôt compromet le caractère de Brasse-Bouillon qui bien loin du garçon enjoué et heureux du début, devient un homme sombre, désabusé et animé par un sentiment de haine vengeresse.

Folcoche et Brasse-Bouillon deviennent si proches dans la haine qu’inexorablement et malheureusement, ils finissent par se ressembler et la ou dans tout autre famille, on reçoit amour pour amour et tendresse pour tendresse, le schéma familial ici se solde plus en « Oeil pour oeil, dent pour dent ».

Ses derniers mots sont terribles et dramatiques ; J’ai frémis en les lisant tant ils étaient pour moi synonymes et résultat des « années Folcoche ».

Si tout tourne autour de cette marâtre, d’autres thèmes sont abordés. Entre autres et en vrac : La religion et l’éducation, la politique et la perte des passes-droits résultant en la ruine et le déclin de familles bien nées, la découverte du monde, la hiérarchie sociale..

Quand à l’écriture, elle est certes datée et obsolète de nos jours par ses expressions d’une autre époque mais c’est ce qui fait toute sa beauté. J’ai été conquise dès les premiers pages par les mots, la langue, l’écriture de Bazin qui transmet les justes émotions au travers de phrases parfaitement senties.

Vipère au poing est un livre que j’ai reçu comme un coup de poing, dur, fort, puissant et mémorable et je ne peux donc, et vous l’aurez compris, que vous le conseillez ! 

 

Anne

 

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9 commentaires

    • Ha bonne question ! Je dirai que tout est en fonction du seuil de tolérance de chacun,.
      Étant habituée au genre du drame, je l’ai lu sans pour autant tomber en dépression derrière, mais pour qui ne jure que par les livres optimistes, le fossé est rude !
      L’avantage est qu’il est court et addictif, donc se lit très rapidement. Et Bazin, même avec une majorité de registre dramatique distille quelques moments de temps morts, drôles et rafraîchissants ! A toi de voir 🙂
      Anne

      J'aime

  1. […] Parceque c’était une découverte pour moi ! C’est violent dans les mots, dans les actes, c’est la haine viscérale et contre nature d’une mère pour son fils, la lutte de celui-ci et sa destruction petit à petit, une relation comme il ne devrait pas en exister qui marque. Ecrit dans une langue éblouissante, ce livre a tout pour lui,  un vrai petit chef d’oeuvre ! Il me tarde de lire la suite ! Détails ici  […]

    J'aime

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