Crime et Châtiment de F. Dostoievski #22

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Pages : 650 pages pour le roman seul, 700 tout compris avec dossier, commentaire, préface  dont je recommande la lecture pour une meilleure compréhension de l’oeuvre.

Un classique de chez classique aujourd’hui avec ce chef d’oeuvre signé Dostoievski, une grosse brique qu’on avale sans même s’en rendre compte, une immersion dans les bas fonds de St Petersbourg et à la rencontre des personnages qui la peuplent. Entre alcoolisme, prostitution et meurtre, le rêve et la réalité se confondent dans une oeuvre puissante et ô combien exceptionnelle ! 

Le postulat de départ est celui-ci : Un homme épris de grandeur, qui se pense voué à accomplir de grandes choses est-il autorisé à commettre le pire ? Un meurtre peut il être moral s’il est commis dans l’intérêt commun ?

Raskolnikov, notre personnage principal, en est en tout cas persuadé. Il tue, non pas par plaisir, mais bien par nécessité, pour se sortir de sa condition misérable et accéder à la postérité. Il tue pour avoir les moyens de devenir quelqu’un.

Cet événement sera la trame de fond de tout le roman, entrainant le lecteur dans les abysses d’un cerveau malade, dans la psychologie complexe et labyrinthique d’un meurtrier qui sera incapable d’avouer son crime. C’est le châtiment dont parle le titre, car le crime n’est que le point de départ d’un long et difficile parcours pour Raskolnikov qui, au fil des pages, devra remettre en question toutes ses croyances et certitudes.

Vous l’aurez compris, l’histoire est dramatique, et comme pour en rajouter une couche, Dostoeivski nous raconte le quotidien des petites gens qui peuplent St Petersbourg. Pauvres, fous, alcoolique, prostituées, ou tout à la fois, le climat est ultra réaliste mais aussi très anxiogène par moment. D’autant plus que Dostoievski émaille son récit de rêves morbides et angoissant qui m’ont obligé pour l’un d’entre eux, à fermer le roman quelques minutes…

Les histoires s’enchainent et s’entremêlent dans une toile tissé d’une main de maitre par l’auteur, les personnages sont complexes, à commencer par Raskolnikov qui est un paradoxe à lui tout seul. Lisez le, ne serait ce que pour connaitre Marmeladov, sa femme et ses enfants, c’est Cosette et Fantine à la russe.

Alors c’est sur, c’est pas très drôle, c’est pas très fun, c’est l’opposé du livre léger, mais c’est génial.

Il faut le lire si : 

  • Si vous avez l’habitude des classiques ( parceque oui, pour le coup, faut pas commencer par Crime et Châtiment comme premier classique de votre vie, pour le coup, ça va pas le faire du tout 🙂 ) Pour public « confirmé » donc !
  • Si la Russie du XIXème vous intéresse, vous apprendrez énormément sur la ville, le climat et les coutumes sociales de cette époque.
  • Si vous avez envie de découvrir ( ou de continuer votre découverte) des auteurs russes. 
  • Si vous aimez les drames, la psychologie, les longues réflexions sur l’homme, et à moindre mesure, les romans noirs, les polars.  Car mine de rien, une enquête est menée sur la mort de l’usurière et de sa soeur, et je me demandais toujours si Raskolnikov allait se faire coincer, s’il allait se dénoncer. Donc ouais il y a du suspense !
  • Si vous n’avez pas peur du nombre de personnages (aux noms russes à fortiori). La pour le coup, heureusement que l’édition avait fait un tableau pour récap les personnages, leurs liens de parenté, leurs fonctions, parcequ’au début, on se sent un peu perdu ! D’autant plus, lorsqu’en bon français, on est plus habitués aux sonorités latines voire germaniques, mais pas tellement russes. Mais aucune crainte, au bout d’un moment, on s’y fait, promis !
  • Ou tout simplement, si vous aimez les bons livres 🙂

Il y a bien des choses à dire sur ce roman, mais d’autres le font bien mieux que moi, je vais donc m’arrêter la, en espérant vous avoir au moins donné envie de vous y intéresser, même si c’est pas demain, même si c’est pas dans une semaine ou un mois, mais un jour lisez-le 🙂

Laissez vous tenter, c’est plutôt très très cool ! 

Anne. 

 

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13 commentaires

  1. Je l’ai lu il y a très longtemps, et j’ai adoré ce roman, notamment le combat psychologique entre Raskolnikov et le policier Fomitch qui veut le faire craquer. Toute la peinture de la Russie du XIXe est aussi très intéressante, c’est un excellent roman !

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  2. Comme prévu le livre t’a plut ! Comme les autres qui l’ont lus, j’en garde un souvenir assez mémorable, ce qui veut tout dire car parfois je lis je lis et j’oublie… Une belle immersion dans une Ville que j’aimerai bien aller visiter, à Noël par exemple ^^.

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  3. […] Pas d’infidélité à Tolstoi puisque le style de Dosto est moins à mon gout, mais il faut bien avouer que ce livre est dingue. La psychologie est très très fine, l’histoire passionnante et sombre à souhait, c’est la folie, la misère, la pauvreté qui se mélangent et donnent un cocktail explosif. A la hauteur de mes attentes ! Détails ici  […]

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