La jeune fille à la perle de Tracy Chevalier #14

Lajeunefilleàlaperle.png

Genre : Historique 

313 pages 

Ce livre est certainement le livre qui, il y a 3 ans de cela, m’a donné envie de relire des romans. Je n’en lisais plus que rarement, et relisais souvent les mêmes. C’est vous dire l’impact qu’a eu ce roman pour moi et l’importance que je lui accorde.

C’est évidemment le titre et la couverture qui m’ont décidé à l’acheter. La jeune fille à la perle, avant d’être le titre du roman et d’en illustrer sa couverture est évidemment, ce tableau célèbre du peintre hollandais Vermeer que tout le monde connait.

C’est, et malgré ma quarantaine de livres que j’ai à disposition dans ma bibliothèque, ce livre que j’ai eu envie de relire à la fin du mois de janvier, et ce fut, comme la première fois, un moment de lecture merveilleux.

Comme toujours, Tracy Chevalier utilise un personnage/ fait/ objet d’Histoire et construit son roman autour. Dans La jeune fille à la perle, elle décide d’imaginer l’histoire du tableau, celle autour du tableau, finalement l’histoire de cette jeune femme à la perle.

Griet nous apparait être une jeune femme observatrice et méticuleuse dans son travail, malheureuse aussi pendant une grande partie du roman, ne trouvant son intérêt et le bonheur que dans le maniement des couleurs, dans la proximité du peintre et dans l’intimité de l’atelier. L’auteur ne l’épargne pas et elle endure beaucoup, psychologiquement mais aussi physiquement.

La pensée protestante de l’époque est très présente, mais elle l’est de façon subtile, et le lecteur ressent, plus qu’il ne lit, ce que la morale et le dogme imposait à ses fidèles. Cette morale protestante joue beaucoup sur le personnage de Griet, puisque suivant son propre point de vue, on ressent beaucoup de réserve et d’introspection dans son caractère. Beaucoup de dénuement dans sa vie aussi, se contentant de peu, le préférant à l’opulence.

J’ai beaucoup lu/vu sur Internet des blogueurs, critiques qui parlaient d’histoire d’amour entre Griet et Vermeer. Pour ma part, je parlerai plus certainement d’une fascination mutuelle entre ces deux personnages. Griet n’est pas indifférente au peintre et il exerce sur elle une certaine emprise, elle ne peut le repousser, ne peut lui refuser ce qu’il lui demande, se soumettant entièrement à sa volonté de bonne grâce bien que sa conscience soit mise à mal, partagée entre son désir profond et la pression des convenances sociales.

Lui reste distant, secret et ne prend que rarement parti, il ne vit que pour son art et ne s’immisce jamais dans les affaires familiales, on ressent cependant un réel intérêt de la part de Vermeer pour cette servante qu’il trouve fascinante : Griet, bien que d’une condition sociale bien inférieur à la sienne, comprend la peinture sans pourtant n’avoir aucune connaissance dessus et c’est grâce  ( ou à cause ) de cette connaissance instinctive que Vermeer va la remarquer et nouer un lien avec elle.

C’est la peinture qui est au premier plan dans cette histoire, c’est la peinture aussi qui va unir et désunir les personnages du roman.

Quand à l’écriture de Tracy Chevalier, évidemment précise et minutieuse, elle est surtout d’une finesse remarquable puisque rarement lu chez d’autres contemporains. Tout le texte transpire de véracité, à tel point qu’on en oublie presque que l’histoire est fictive.

Livre après livre, je reste toujours aussi admirative de sa justesse dans l’écriture. Elle ne fait pas que nous apprendre des choses, elle nous fait aussi voyager et, tout spécialement dans La jeune fille à la perle, ressentir. Un tour de force puisque dans cet univers protestant ou l’accent est mis sur l’intégrité et les valeurs morales, Griet ne dit jamais à haute voix ses sentiments, mais les sous entend et les suggère.

Chaque geste prend alors tout son sens, une mèche relevée, un regard, une bouche entrouverte, autant de gestes qui nous sont familiers et nous semblent banals sont dans ce roman magnifiés jusqu’à devenir des clefs pour comprendre l’histoire et les sentiments qui unissent les personnages entre eux.

Je ne trouve aucun point négatif à ce roman, tout est à sa place, rien n’est superflu, chaque mot est juste, fin et apporte à l’histoire. Le fond, la forme, tout s’accorde magnifiquement et parfaitement bien pour nous offrir un petit bijou de littérature historique contemporaine.

C’est fin, ça se mange sans faim, laissez vous tenter 🙂

Anne

Cette chronique peut vous intéresser : L’innocence de Tracy Chevalier

Rentre dans le cadre du challenge « La Pal, la Pal, la Pal » 

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10 commentaires

    • Avant relecture, je m’en souvenais comme toi : ça avait été une super lecture, toutefois je ne me souvenais pas de la fin ni de tout les « détails » de l’histoire. Pourquoi pas le relire oui du coup ou en essayer un autre de l’auteur 🙂 Et merci beaucoup ! 🙂 A.

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