La vérité sur l’affaire Harry Quebert de Joel Dicker #13

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La vérité sur l’affaire Harry Quebert : Un livre encensé par la critique, en tête des ventes dès sa sortie et plutôt pas mal médiatisé. Je vous avoue que ce n’est pas du tout le genre de livre vers lequel je me tourne habituellement. Sans rentrer dans le détail ( je vous expliquerai peut être le pourquoi du comment dans un article dédié à ce sujet la un jour, dites moi si ça vous intéresse ? ) je me méfie plutôt beaucoup des livres très vendus, qui ne sont pas souvent ( selon moi hein ) gage de qualité.

J’aurais donc pu totalement passer à coté de ce ( très bon ) roman si je n’avais pas bu un café avec un bon ami à moi qui me l’a conseillé. Je lui accorde entière confiance quand à l’appréciation des livres, donc ni une ni deux, je suis partie acheter ce gros roman de 850 pages. Et bien m’en a pris !

Dans La vérité sur l’affaire Harry Quebert, on fait la connaissance de Marcus Goldman, jeune auteur à succès en pleine crise de page blanche et de son mentor, son ancien professeur de fac, le fameux Harry Quebert : Harry étant accusé d’un crime odieux ( le meurtre d’une adolescente de 15 ans avec qui il aurait eu une liaison ) et Marcus, intimement convaincu de la bonne foi de son ami. Marcus va alors s’engager dans une longue et périlleuse enquête pour prouver l’innocence de son ami. C’est la le point de départ du roman et son fil conducteur. Mais si ce n’était que ça..

Si l’on parle du sujet principal, l’enquête : elle est parfaitement menée, le suspense et les rebondissements sont au rendez-vous et jusqu’au bout Joel Dicker nous fait douter de la véritable identité du tueur. J’étais persuadée de la culpabilité d’un des personnages, puis d’un autre, puis encore d’un autre, jusqu’à ce que l’auteur seul, par le biais de son personnage, ne se décide enfin à lever le voile et à nous dire qui/ pourquoi et comment.

Même si je ne suis pas la plus fine des détectives, j’ai du mal à imaginer beaucoup de lecteurs pouvoir affirmer à 100% qu’ils avaient trouvé qui avait fait le coup avant la révélation finale.

Mais au-dela de l’enquête, Joel Dicker nous entraine surtout dans plusieurs histoires en une seule. On parle de tout dans ce livre, les sujets revenant les plus fréquemment restent le processus de fabrication d’un roman, le monde de l’édition qui n’est pas épargné par la critique sous jacente et plus générale du néo-capitalisme, la construction d’un roman du point de vue de l’auteur cette fois.. Et des thèmes plus sociétaux comme le culte du paraitre, la reconnaissance sociale, les médias, l’Amérique

Les personnages ne sont pas en reste, et j’aimerais donner une mention spéciale à la mère de Marcus, véritable cliché de la mama juive oppressante, petite touche d’humour rafraîchissante. D’ailleurs en règle générale, j’ai trouvé que les femmes dans l’histoire n’étaient pas dépeintes à leurs avantages, loin de la, je vous laisse découvrir et me dire si vous ressentez la même chose.

Enfin, et pour terminer, car c’est bien long tout ça. La ou à mon avis, réside la vraie force du roman est dans l’écriture même de Joel Dicker : sous couvert d’enquête policière, il s’amuse surtout à nous montrer à quel point il maitrise sa plume.

Il nous emmène du passé au présent en un claquement de doigt mais pour autant de manière toute douce, comme si c’était tellement facile. Les changements de points de vues sont parfaitement maitrisées, tout roule tout seul, et de la même façon, il passe d’un sujet à un autre ( de l’enquête, au processus de fabrication d’un livre, au thème du travail d’écriture et de construction d’un roman) avec une facilité déconcertante.

Lorsque je vois écrit partout ( jusqu’à la quatrième de couverture du livre ) qu’on ne peut pas lâcher le roman avant de l’avoir terminé, je ne peux pas m’empêcher de faire le lien et de me dire, qu’au delà du suspense et de l’intrigue policière, c’est la fluidité dans l’écriture qui nous accroche.

Plus encore que par l’histoire en elle-même, je reste assez admirative du travail d’écriture de l’auteur et de son talent dans la construction du roman.

J’émettrai néanmoins un petit bémol sur la romance. Seul petit point ou je trouve quelque chose à en redire. On nous explique du début à la fin qu’Harry et Nola sont amoureux, très amoureux même, envers et contre tous, et en dépit de la loi et de la morale; pourtant je n’ai jamais cru à leur histoire d’amour, encore maintenant je me demande comment Harry est tombé amoureux de Nola, il n’y aucune passion, aucun désir dans leur relation, de la tendresse et de la considération, oui, mais plutôt comme un père peut en avoir pour sa fille, jamais Harry ne va avoir d’élan d’éros pour Nola, par contre, il va la regarder affectueusement imiter et nourrir les mouettes sur la plage.. Alors peut être que le parti pris de Joel Dicker est de montrer au lecteur un amour pur  mais la conséquence en est que d’un thème qui se devrait d’être dérangeant, il en fait quelque chose de mignonnet et peu convainquant. On est loin du Lolita de Nabokov !

Ceci dit, et malgré la réserve que j’émet à la fin de la chronique, je vous le conseille beaucoup 🙂

Lisez-le, il est cool, je vous jure.

Anne. 

Rentre dans le cadre du challenge Ces livres que je n’ai toujours pas lus et La Pal, la Pal, la Pal. 

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