Aux malheurs des dames de Lalie Walker #4

Aux malheurs des dames

Edition Noir 7.5 Parigramme 

Genre : Polar

272 pages

Un polar qui prend place dans ce quartier mythique du marché St Pierre, au pied de la Butte Montmartre : affectionnant tout particulièrement cet endroit de Paris, c’est ce qui m’a décidé à commencer la lecture de ce roman.

En cela, je n’ai pas été déçu, le marché St Pierre est un endroit unique à l’ambiance particulière pour qui y a déjà fait un tour et l’auteur y est sans doute familière car elle nous la dépeint bien ; cependant, c’est là la seule force de ce récit, le reste est, sans oser dire mauvais, en tout les cas, pas à la hauteur d’un polar digne de ce nom.

Lalie Walker multiplie les personnages, ce qui en soi, est une bonne idée puisque cela montre au lecteur l’animation et la vie qui règne dans ce quartier, mais elle le fait de telle sorte qu’à aucun moment, le lecteur ne s’attache à l’un ou l’autre de ces personnages, on s’y perdrait presque et finalement aucun n’est réellement digne d’intérêt.

Prenons celle qui est décrite comme l’héroïne de l’histoire, Rebecca Levasseur, une femme d’une trentaine d’années, sociologue en quête d’expérimentations réelles, qui s’avère être très creuse, plutôt antipathique, aux moeurs un peu douteuses, et qui doit la résolution de l’affaire plus à un coup de chance qu’à son intelligence.

Cette même Rebecca dont l’histoire d’amour qui nous est relatée au fil des pages est d’un grotesque et d’un irréalisme accablant, en plus d’être parfaitement inutile à l’histoire.

De même l’intrigue ne casse pas 3 pattes à un canard, puisqu’aucun nouvel élément ne vient la pimenter et qu’après la longueur des presque 3/4 du livre, il se précipite vers une fin très prévisible, qui retombe comme un soufflé,sans suspense et sans réel intérêt. Pour tout vous dire, à la révélation finale, j’ai simplement lâché un petit « Ok.. » résigné.

Cette fin trop rapide aurait mérité plus d’explications sur le pourquoi du comment de l’histoire et sur les raisons des agissements du ravisseur.

L’auteur essaie de brosser un portrait critique des forces de police (de l’administration en général) les décrivant comme faisant peu de cas de l’affaire, lentes et dont les résultats se révèlent peu pertinents tandis que les habitants du quartier, qui chacun y allant de sa petite enquête, sont beaucoup plus investis dans la résolution de l’affaire et beaucoup plus productifs.

Cette opposition que crée Lalie Walker entre les personnages, police d’un coté, habitants de l’autre est certes, renforcée par la fin de l’histoire, mais reste néanmoins très superficielle.

L’écriture de Lalie Walker m’a déplu, les phrases sont courtes et (trop) simples, et elle utilise pour désigner ses personnages tour à tour, leurs prénoms et leurs noms, ce qui rend leur identification par le lecteur, parfois compliquée. La façon dont elle fait parler les deux femmes de leur ravisseur est tout sauf naturelle, l’on comprend vite que Violette et Marianne connaissent l’homme qui les détient prisonnières mais jamais elles ne diront son nom, ce qui vous l’avouerez est assez improbable et peu réaliste et donne parfois lieu à des situations presque comiques.

En résumé , un roman fade avec quelques longueurs et une écriture plutôt moyenne,des personnages à l’intérêt plus que discutable, une fin décevante mais un portrait assez fidèle du célèbre quartier du marché St Pierre.

(Petite note à part, j’ai trouvé le titre du livre,qui fait référence au « Bonheur des dames » d’Émile Zola, un brin prétentieux )

A.

Crédits : Texture de l’image d’en-tête par Keith Misner

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