Je bois le vent de Gesine Auffenberg #2

Je bois le vent V2

Genre : Témoignage/ récit de voyage

Edition :  Phébus, littérature étrangère

 138 pages

Il m’est difficile de me faire un avis sur ce livre tant il est particulier, mais essayons.

Je bois le vent est le récit du voyage de Gesine Auffenberg au Soudan durant l’été 1980, elle y achètera un cheval, un étalon bai rouge  qu’elle prénommera Ayn ( oeil en arabe ) avec lequel elle parcourra le Soudan, ce pays meurtri par la guerre civile et les maladies, à la rencontre de ses habitants et au fil de ses questionnements intérieurs.

L’histoire (ou le carnet de voyage puisque c’en est bien un) est plutôt belle, bien que très souvent difficile et triste. Entre la lèpre, la malaria, la tuberculose, les civils morts de soif ou tués par balles par des milices armées qui tirent sans distinction d’âge ni de sexe, les pages sont souvent rudes, et il n’y a que très peu, voire pas du tout de moments de pur bonheur pour entrecouper et nous alléger la lecture.

Cela dit, ce livre est loin d’être insurmontable à lire, et cela, « grâce » à l’écriture de Gésine Auffenberg, qui est l’une des plus déstabilisantes qu’il m’ait été donné de lire.

En deux mots : Les phrases sont souvent très courtes. Elles oscillent entre le poétique et le quasi-scientifique ou du moins, journalistique.

Le lecteur est donc pris de court lorsqu’il passe d’un paragraphe qui sublime le paysage soudanais, à une phrase très courte ou l’auteur énonce un fait sans s’y appesantir, de façon très sèche, brusque et froide.

Par exemple, elle est amenée dans le récit à s’occuper d’un nourrisson qui ne pouvant être allaité par sa mère malade lui est confié pour quelques temps, elle s’en occupe de façon méthodique faisant très attention à ce qu’il ne manque de rien, pour autant, elle ne va pas lier de liens avec cet enfant, et aucune émotion ne transparait, tout est encore une fois, très froid.

J’ai eu le sentiment en lisant ce livre, que l’auteur était souvent beaucoup plus observatrice qu’actrice face aux événements. Alors, est-ce un réel détachement ou de la retenue de sa part ? Je ne pourrais le dire.

Finalement, le seul réel lien est celui qu’elle tisse avec sa monture et le livre commence et se termine par leur relation privilégiée.

Beaucoup de questions sur les circonstances du voyage et son but, elle n’explique nulle part pour quelles raisons elle entreprend ce voyage, ni dans quelle finalité, ce qui est, la aussi, déstabilisant.

Enfin, même s’il y a une logique chronologique dans le récit, je l’ai néanmoins trouvé dans l’ensemble, assez décousu, Gesine Auffenberg saute d’un paragraphe à l’autre parfois sans donner de fin à ce qu’elle était en train de relater.

A l’inverse, certaines phrases sont répétées plusieurs fois dans ce livre, ce qui est aussi très surprenant.

Au final, je ne sais pas comment me positionner face à Je bois le vent, l’ensemble est inégal, et il peut y avoir de très bonnes choses comme de moins bonnes.

Je ne peux que vous conseiller de le lire pour vous en faire votre propre avis.

Anne.

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